Projet Freaks

“Pour effrayant que soit un monstre, la tâche de le décrire est toujours plus effrayante que lui”

Paul Valéry

 

 

Dans le cadre d’une Convention Locale d’Éducation Artistique et Culturelle (CLEA),  DSN, la scène nationale de Dieppe  mène un travail de résidence d’artiste en immersion sur une commune de l’agglomération.

En 2014, une équipe artistique pose ses valises dans l’agglomération dieppoise. Alban Coulaud et la compagnie O’Navio Théâtre s’installent à Offranville afin de mener un travail de recherche artistique pour la création de leur futur spectacle. Ils conduisent des ateliers (écriture, théâtre, photo…) avec les enfants des écoles de la commune et les habitants. Les enfants et adultes concernés découvrent ainsi l’univers artistique de la compagnie et peuvent appréhender le processus de création d’un spectacle

Les monstres abondent, mais ils sont difficilement repérables tant la monstruosité peut s’incarner aujourd’hui dans toutes les formes imaginables.
La figure du monstre est souvent liée à celle de la peur, mais c’est aussi un objet de fascination. La littérature et surtout le cinéma ne s’y sont pas trompés : le monstre est d’abord fascinant, quel qu’il soit.
D’aspect banal, le monstre d’aujourd’hui ne devient monstrueux que par ses actes et parce qu’il suscite d’horreur chez les autres personnages et chez le lecteur / spectateur. Il permet à la violence de l’impensable social de prendre une forme visible.
C’est bien ce monstre-là qui m’intéresse, celui qui n’est pas reconnaissable comme tel du premier coup d’oeil et pourtant tellement destructeur. En parler, savoir le reconnaître, c’est se créer des armes contre lui.
Et pourtant ce monstre-là nous fascine.
Il y a donc un véritable paradoxe chez ce monstre contemporain : il faut s’en méfier car il peut être destructeur mais nous ne pouvons nous empêcher de l’observer car nous pourrions être lui, nous sommes peut-être lui.
C’est là qu’entre en jeux les enfants. Pour eux, le «monstre sous le lit» (que tout un pan de la littérature jeunesse tente de rendre gentil, voir amical), exerce un phénomène d’attraction/répulsion, une menace plus ou moins réelle mais nécessaire pour que l’enfant apprivoise ses angoisses.
Il n’y aura pas de monstres gentils dans ce spectacle. Il y aura des monstres dont il faudra apprendre à se méfier, car s’ils seront des êtres fictionnels, ils n’en seront pas moins inspirés de la violence morale notre monde.

 

 

UNE ECRITURE A PLUSIEURS MAINS

Karelle Prugnaud, comédienne, metteur en scène, performeuse, fait partie du processus d’écriture. Parce qu’elle ose tout, parce que son théâtre est un théâtre de créatures, de chimères ; parce que j’ai eu la chance de l’accueillir dans mon théâtre à l’occasion d’un stage qu’elle a mené avec des enfants et qu’elle sait spontanément avoir un rapport d’enfant avec eux.

Julien Defaye, photographe, vidéaste (entre autres !) parce que ses photos révèlent différemment la nature des choses. Parce qu’il y a toujours une histoire à raconter dans ses photos.

Claire Gaudriot, illustratrice jeunesse, parce que j’aime l’impertinence de son trait, parce que ses images semblent limpides à la première «lecture» mais qu’il y a toujours des choses cachées à découvrir.

Christophe Roche à la composition musicale, qui fait partie intégrante de l’écriture lorsque nous travaillons ensemble.

Isabelle Decoux à la scénographie et aux costumes, parce qu’elle m’offre toujours de très beaux terrains de jeu et parce que nous n’avons plus besoin de nous parler pour nous comprendre !

Parmi les différentes mains de cette écriture, je compte aussi énormément sur les rencontres et ateliers que nous mènerons avec le public, enfants et adultes.

 

GALERIE PHOTOS

 

UN PROJET / PLUSIEURS PRODUCTIONS

Exposition chimères :
Atelier “Créations de chimères”.
A l’aide de vieux jouets, les enfants sont amenés à créer leurs propres chimères.
Ces objets seront photographiés pour être ensuite présentés sous la forme d’une exposition CHIMERES.

Composition de l’expo :
– 30 tirages sur toiles format 20 x 20 cm (photos des chimères réalisées par les enfants de l’écoles)
– 15 tirages sur aluminium format 60×40 cm (photos de recherches sur les personnages de «la Femme à barbe» et du «Cannibale»)

 

Ciné-concert : Aiko Toxic
Une première version de ce film, d’environ 10 minutes, a été réalisée en 2014 avec les enfants de l’école d’Offranville, dans le cadre de la résidence de territoire, pilotée par Dieppe Scène Nationale.

AIKO TOXIC from Compagnie O’Navio on Vimeo.

Synopsis :
Violette, une petite fille solitaire et peu bavarde, passe son temps à dessiner des monstres sur son cahier de dessin. L’un deux, qu’elle a nommé «Aïko», prend vie et s’échappe du cahier.
Aïko est invisible aux yeux de tous, sauf ceux de Violette.
Ils vivent tous les deux une amitié secrète, à la maison, à l’école… Jusqu’à ce qu’Aïko entre, par hasard, en contact physique avec un autre enfant… qui se transforme à son tour en monstre, alter ego du petit Aïko.
C’est alors une véritable épidémie qui se répand, d’abord dans l’école, puis dans la ville, puis… Tous les habitants sont transformés, il n’y a plus d’individus, mais des monstres qui se ressemblent tous les uns les autres.
Violette, seule protégée de la «malédiction» par son amitié avec Aïko, se retrouvera de nouveau seule, seule humaine parmi les monstres.